Description
Les monarchistes critiquent les républicains et vice versa.
Les royalistes critiquentles bonapartistes et inversement.
Les modernes critiquent le Moyen ge, et les antimodernes critiquent les Lumières, quand ce ne sont pas les Républicains de 1789 contre ceux de 1793.
Et après quoi ? L’histoire, c’est d’abord le temps long.
Par-delà les chapelles et les querelles de clocher, il n’y a qu’une seule histoire de France, avec ses moments de gloire lumineuse et ses périodes d’ombres.
C’est le sens profond de cette phrase de Marc Bloch.
À la question de savoir si la France est chrétienne, on répond souvent de manière manichéenne.
En réalité, on voit que la France s’est faite à la fois avec le Christianisme et contre lui, de la même manière que la monarchie française s’est construite avec la féodalité et contre elle, avec ses ennemis et contre eux.
À travers ce dédale historique, la tradition centralisatrice de la monarchie française se dessine et des grands rois servent de piliers : Philippe Auguste, Philippe le Bel, Louis XI, Louis XIV… tout sauf des enfants de choeur.
Et pourtant, nous leur devons, par la force des choses, ce que nous sommes.
Bien sûr, rien n’interdit de critiquer l’histoire de France, c’est même tout à fait indiquer pour une saine hygiène de l’esprit, mais il faut simplement commencer par la connaître, gardant en tête le vieux principe d’hétérotélie : les hommes qui font l’histoire ignorent l’histoire qu’ils font.
Et puisque cet éditorial a commencé sous les auspices de Marc Bloch, bouclons la boucle, et citons avec gourmandise cette saillie issue d’Apologie pour l’histoire, qui devra vous habiter, cher lecteur, au fil de votre lecture que nous espérons bienveillante : « Satanique ennemi de la véritable histoire : la manie du jugement.
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